La confiance en les institutions selon l’Eurobarometre

Savez-vous quelles sont les institutions auxquelles les citoyens accordent le plus de confiance selon sondages d’opinion régulièrement menés par l’Eurobaromètre? Ce sont les institutions de l’UE et, en leur sein, le Parlement européen, la chambre des représentants des citoyens de la communauté, la seule institution européenne choisie directement par les citoyens au suffrage universel est celle qui a le plus de confiance.

Pourtant, au cours des dernières semaines, plusieurs affaires révélées ont remis en cause l’honnêteté dans le travail des membres de la Chambre européenne, scandales qui, au final, parsèment l’institution et menacent de conduire à une faillite de la confiance des citoyens, surtout si les citoyens ne remarquent pas une réponse forte, ferme et rapide.

La démocratie est le principe de base sur lequel repose la légitimité démocratique, cela personne n’en doute. Mais c’est un phénomène qui coexiste avec d’autres beaucoup moins agréables. Je parle, paradoxalement, de ce «malaise démocratique» qui se définit par l’éloignement et la méfiance des citoyens envers le système politique, ses institutions et ses représentants.

Comme l’a bien dit le grand analyste de la démocratie, D. Held, le grand paradoxe que connaît la démocratie aujourd’hui n’est autre que la «crise de confiance», l’écart et l’éloignement des citoyens, ce que Lipset et Schneider ont décrit sous le célèbre terme d' »écart de confiance ».

Je commence, comme vous pouvez le voir, en nommant quelques «grands» de la théorie démocratique, puis en abaissant progressivement le niveau à ceux qui, en pratique, le laissent sur le terrain.

Et y a-t-il une pratique pire que la corruption? La corruption est, sans aucun doute, la cause fondamentale de « l’abus de confiance ». Lorsque le politicien utilise sa position pour son propre bénéfice. Les affaires de corruption, qui abondent malheureusement dans de nombreuses institutions publiques, semblaient jusqu’ici éloignées de Bruxelles lointaine. Là, où un pourcentage très élevé de la législation est décidé, qui entre ensuite dans les systèmes juridiques nationaux; là, où la pression sur cette même législation est organisée dans de puissants lobbies. Pensions-nous que, dans le lointain Bruxelles, tout ce système s’inscrivait et coexistait parfaitement dans certains codes de conduite qui sont tenus pour acquis?

Bien sûr que non. Les pommes pourries sont partout. Au Parlement européen aussi. Le vrai problème, c’est quand l’institution n’est pas à la hauteur de ces défis et se lave les mains face aux scandales. Et le scandale en particulier, connu de tout le monde dans notre pays, a été dévoilé par certains journalistes du Sunday Times, qui se sont fait passer pour des « lobbyistes » pour tenter d’influencer la législation contre des avantages. Cinq sont tombés parmi les députés européens «touchés», le député espagnol Zalba (PPE), le socialiste slovène Zoran Thaler, le populaire autrichien Ernst Strasser, et le socialiste roumain Adrian Severin, qui refuse de quitter son siège après avoir été expulsé par son parti et après sa destitution du Parlement européen.

Comme vous pouvez le voir, ici, certains des coincés <<en fraganti>> ont eu une honte haussière, pour l’appeler ainsi, après avoir été pris en flagrant délit.

Mais, comme je l’ai dit au début, ce sont les institutions qui, dans ces cas, doivent se mesurer. Et le Parlement européen, à mon avis, a mis en place le mécanisme pour empêcher que cela ne se reproduise. Je sais que beaucoup l’interprètent comme un lifting, mais la Chambre doit utiliser les outils dont elle dispose et a décidé de les utiliser. En ce sens, il a été convenu d’élaborer de nouvelles règles pour réglementer l’accès et l’activité des groupes de pression au PE, ainsi que de resserrer les codes de conduite des députés européens dans leurs relations avec les lobbyistes. C’est un premier pas dans la bonne direction. Et il semble que d’autres viendront (y compris l’intervention d’Olaf).

Bienvenue à tous ceux qui sont utiles pour lutter contre tout soupçon de corruption, aussi et surtout, dans le lointain et en même temps si proche de nos intérêts, Bruxelles.

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