À quand une force militaire européenne capable de faire face à nos menaces?

Comprendre la réponse française aux attentats de ce vendredi et construire une stratégie articulée et surtout efficace face au défi qu’ils posent nécessite de laisser derrière eux deux débats ou, mieux, des tentations.

Le premier est le débat lié au rôle de l’islam dans nos sociétés. Des préjugés et des clichés sur la compatibilité ou l’incompatibilité de l’islam avec la démocratie, l’intégration des musulmans, le rôle de la religion dans les espaces publics, l’identité, le multiculturalisme et, maintenant, la nécessité de contrôler les flux d’immigration, d’asile et de réfugiés en provenance d’Afrique subsaharienne et du Moyen-Orient. Mais ce débat, qui finit souvent par opposer les partisans de parler des « causes ultimes du terrorisme » aux partisans de l’établissement d’une marginalisation pour l’islam à l’intérieur et à l’extérieur de nos sociétés est inutile lorsqu’il s’agit de lutter contre le terrorisme et l’islam qui forme déjà partie de nos sociétés plurielles et tolérantes.

Le deuxième faux débat est lié à la définition du problème, et donc à sa réponse éventuelle, en termes belliqueux. On y retrouve ceux qui tentent d’établir une stricte division, politique et morale, entre les réponses qui impliquent le recours à la force militaire et celles qui impliquent le recours à des instruments de L’État de droit tels que les tribunaux, la police et services de police et de renseignement. Mais l’établissement d’un pare-feu entre les deux types de réponse est également stérile parce que dans le monde dans lequel nous vivons, et surtout lorsque nous sommes confrontés à une menace aussi brutale que celle représentée par l’État islamique, les démocraties ont tous les droits, et toutes les légitimités, d’utiliser pleinement la gamme complète des instruments à leur disposition, y compris la force militaire, pour lutter contre le terrorisme.

En effet et après les attaques contre le magazine Charlie Hebdo, Hollande s’est déclaré en guerre contre le terrorisme djihadiste. Et il y a quelques semaines, le Premier ministre français, Manuel Valls, a justifié les attentats à la bombe contre l’État islamique en Syrie en faisant valoir le droit de la France, conformément au droit international, à une légitime défense.

Maintenant, après les attentats, Hollande a appelé le Conseil de la défense, rendant ainsi la composante militaire à nouveau présente dans la réponse française face au terrorisme.

Il est temps que les pays membres activent l’article 222 du traité sur le fonctionnement de l’UE, qui prévoit la mobilisation de tous les moyens disponibles, y compris les militaires, en cas d’attaque terroriste. On ne vaincra cette menace que sur le terrain. L’Europe a des intérêts qui ne correspondent pas nécessairement à ceux des USA; Assurément, il ne vont pas nous sauver comme par le passé

À quand une force militaire européenne?

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