L’UE face aux Démocraties illibérales

Dans ce monde en mutation, l’Union européenne semble, ou mieux, semblait, être le meilleur défenseur de la démocratie libérale par opposition aux démocraties illibérales.

Mais la réticence des pays orthodoxes (Allemagne, Pays-Bas, Autriche et Finlande) à aider les pays du sud et l’existence de tout un phénomène anti-européiste, qu’il vienne d’un spectre politique comme de l’autre, démontrent que le protectionnisme menace aujourd’hui le projet de construction européenne. Et ici, je suis en train de parler des dérives autoritaires de l’Hongrie et du gouvernement social-communiste espagnol.

Une construction qui a évolué jusqu’à Maastricht avec une feuille de route très précis. Quand à Rome, nous devions choisir entre les différentes formules de régionalisation possibles, nous avons adopté la plus audacieuse: en l’occurrence, un marché unifié dans lequel la libre circulation des personnes, des biens, des capitaux et des services était une réalité et où un droit de douane commun était appliqué vis-à-vis de l’extérieur.

Lorsque l’intégration des économies a été plus intense, le marché commun est devenu un marché intérieur, la cohésion a été établie comme fondement du marché intérieur et les bases d’une union économique et monétaire ont été posées. Voila ce que disait la feuille de route.

À Maastricht, la feuille de route est laissée de côté et un pari est fait sur une monnaie et une union monétaire sans pour autant établir une union bancaire et une union fiscale: quelque chose d’aussi illusoire que de confier en des gouvernements populistes. Tôt ou tard, ils ont fini par attaquer et c’est ce qui s’est passé après la crise financière avec la Grèce et maintenant avec celle du coronavirus avec l’Hongrie.

Cependant, la question est de savoir quoi faire maintenant? Selon mon point de vue, nous devons relire la feuille de route et avec une volonté renouvelée faire ce que la science économique a toujours enseigné: les unions monétaires qui fonctionnent sont des unions fédérales parce qu’elles ont deux choses que nous n’avons pas:

• La mobilité des travailleurs;

• Un budget fédéral qui, en cas de crise, permet de transférer des fonds des régions les moins touchées vers les plus endommagées.

À nous de faire de même, à nous d’avancer vers une union politique fondée sur la solidarité. Car sans solidarité, le projet économique européen pourrait subsister, certes, mais ce qui ne résisterait pas, c’est l’union politique, le seul projet qui nous permettra de survivre dans un monde dominé par la Chine et les États-Unis, les deux superpuissances du XXIe siècle.

C’est bien connu de Merkel, qui lors de la Conférence de Munich de 2020 a dit quelque chose que je fais mien: << Compte tenu des pressions que nous subissons, nous devons nous demander si nous voulons résoudre chacun de nos problèmes seuls ou ensemble. En tant que Chancelière allemande, je réponds: si nous le faisons seuls, nos chances sont très faibles >> (Conférence de Munich du 16 février 2020).

Après la Seconde Guerre mondiale et malgré Hans Morgenthau, un plan Marshall a été mis en place et a sauvé l’Allemagne et tous les autres pays touchés parle conflit. La partie la plus importante du Plan n’était pas tant l’argent que les règles (économie sociale de marché, ouverture des frontières, coopération entre Européens) qui l’accompagnaient, qui ont permis de relancer l’économie européenne.

Apprenons la leçon!

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